11/12/2008

Neurones sollipcistes


Semaine chargée: dossier erasmus qui patine plus qu'il ne glisse, dissert qui stagnent lamentablement sur mon bureau comme en suspension de toute idée intéressante à y insuffler, le week-end à Londres histoire d'être déraisonnable une fois de plus, les textos auxquels on ne voudrait pas avoir à répondre avant qu'une hypothétique conscience vienne vous botter le cul pour vous motiver à appuyez sur les touches de votre portable, l'hosto et la gueule de bois post-anesthésie, mon rapport qui prend du retard par peur de ne pas pouvoir en revendiquer la paternité par la suite tant le résultat me semblerait désastreux.....
Révé du Rwanda, deux choses qui ne m'arrivaient que très rarement depuis déjà quelques temps, à part psychoter je me demande parfois si mon cerveau est capable d'autres pensées. Je voudrai solder mon dos au plus offrant, le brader pour quelques guinées sonnantes et trèbuchantes, je m'imagine déjà sans dos, avec juste un ventre et rien entre ma tête et les reins. Je tiens à dire que mon pied droit est en grève, chaque matin ce n'est qu'après moults chamailleries avec son homologue gaucher qu'il se décide à s'extirper du lit, trainant jusqu'à la cuisine pour savourer un thé datant de la veille et stagnant au fond de ma micro-casserole. Pauvre de lui, c'est que j'en viendrai à le plainde, bref je n'ai rien à dire et faire parler mon pied à ma place n'est pas une solution.
Revenons à quelque chose de plus sérieux ( j'adore ce ton supra péteux qui caractérise la grande majorité de mes disserts et commentaires) on ne parle plus de l'arrestation de Rose Kabuye dans les médias, on interpelle un membre du gouvernement rwandais et hop comme par miracle tout d'un coup silence radio. Les Mary Poppins populistes sont décidèment très drôles, un jour on braque les caméras en évitant consciencieusement d'expliquer le fond du problème et quand on le devrait bizarrement il n' y a plus personne pour le retranscrire. Je repense à Capt'aine, Virginie, Monique..... je me demande comment ils vivent tout ça, je suis loin d'être fier de mon pays, on nous accuse mais forcèment ils ont tort, la faute originelle leur incombe de toute façon, de préférence celle qui nierait toute responsabilité à l'ensemble d'une classe dirigeante à une époque donnée. Merde, les dossiers restent clos, indisponibles aux avocats, présomption d'innocence on ne connait plus, alors ne parlons pas de défense, attention vilains mots à forte teneur polémique....
Laurent Nkunda voila la nouvelle image du Rwanda, enfin du congolais marionette des autorités rwandaises, je n'ai pas les sources pour connaitre le vrai rôle de Kagamé et son entourage dans le conflit, mais de ce que je me rappelle de Gisenyi c'est loin d'être aussi manichéen.... Et c'est marrant en moins d'un mois la RDC semble avoir monopolisé la place qui aurait du être la siennes ces dix dernières années, on nous gave, on nous abreuve et en fin de compte on à l'impression que tout cela est récent, que cela vient d'apparaitre.
Demain pendaison du crémier, combien de personnes? Je ne sais pas, je me réserve la surprise et samedi 7H Gare du Nord, eurostar et hop à nous le duty free.

22/10/2008

Crevaison linguistique

Je reprend ce blog. Voilà plus de deux mois que je suis rentré, j'ai repris ma vie d'étudiant avec ses doutes et ses galères, mais aussi ses joies..... J'ai revu mes amis, ma famille, mon village, ma forêt, enfin tout ce qui me tient à coeur. Je me suis impliqué à droite et à gauche, j'ai rencontré des gens, j'ai découvert l'université, j'ai vadrouillé dans toute la France...Bref, j'ai vécu, autrement qu'au Rwanda certes, mais néanmoins vécu. Etudier la littérature m'enmerde profondément, j'adore et je déteste à la fois. J'ai aimé aussi. Comme toujours sans doute. Je prépare des voyages, je construis des projets, j'imagine des choses, certains ne se réaliseront jamais, d'autres j'éspère qu'ils se concrétiseront, j'en suis même persuadé.

J'ai beaucoup lu. Muzil, Burroughs, Larbaud, Colette, Guibert, Pessoa, Sallinger, Beauvoir..... tous ont croisé mes chemins littéraires depuis le 4 août. Les larmes coulent juste plus facilement, sans qu'il y ait prise de tête sur leur nécéssité.

Demain je retourne à la fac, rédiger semble quelquefois un mensonge, comme si le fait d'étaler contraignait à cacher. Mais point à la ligne imaginaire, querelles de querelleurs, reprendre le navire en main et le mener jusqu'à mauvais port, porc?, trois petites chansons piaillent dans mon crâne et je suis fort aise quand sonne le lampion. Un rien est devenu une source d'émerveillement: une handicapée jouant à la course dans la rue avec sa fille sur ses genoux, un homme dans le métro avec sa planche de surf sous le bras, une tappe sur l'épaule d'un inconnu admirateur des Terres Occidentales et du Festin nu.... Mes yeux gigotent dans leurs orbites quand le silence se fait, comme si ce dernier ne venait plus à point nommé.

Je rigole sur un nuage de sérotonine avariée......



Mémo: Penser à ranger mes sentiments dans un carton de laine de verre

04/08/2008

Attendons, attendons

Dans maintenant 31 heures je decollerai de l'aeroport international de Kigali pour entamer mon retour vers la France, qui se fera le lendemain matin a 08h05 a CDG. Mes yeux me piquent, sans doute a cause de la fatigue, je me sens patraque mais sans plus, reste a savoir si ce sont les effets des medicaments ou si c'est autre chose, perso je vote pour la sinusite chronique et la fatigue accumulee, je me dope au paracetamol en attendant de trouver mieux. J'ai en tout cas hate de rentrer, de pouvoir enfin me reposer, et de penser a un autre voyage, mais d'abord je me soucie un peu pour ma sante, chose normale a des milliers de km de chez soi. Je crois qu'une fois le pied pose sur le sol parisien et l'angoisse tombee, cela ne se revelera qu'un simple besoin de sommeil, car se lever entre 5h et 6h tous les jours commence a attaquer ma feneantise legendaire. Je me rend cependant compte que 5 semaines ce n'est pas suffisant, que sans doute il aurait fallu que je prolonge un peu si je voulais pouvoir reelemement me familiariser avec le pays et non le froller, mais pour un premier voyage cela me semble suffisant. J'ai neanmoins l'impression que cela m'a permis de mettre les choses au clair, de faire le point, peut etre de devenir plus responsable, mais je crois que je l'ai deja dit, comme quoi ca m'a fait murir jusqu'a me rendre gateux, ca promet si je reitere la chose l'an prochain..... et ce sera le cas.
Bientot la Mayenne et son silence reposant, sa quietude proche de l'ennui, qui sera trouble par la horde en furie venue tout droit de la capitale et ses environs, je suis deja rentre en phase d'attente comme si je ne pouvais pas imaginer la possibilite de reprendre des forces a Samois, comme si un delai entre les deux me paraissait insupportable. Pourtant j'attend ces quelques jours, j'espere qu'ils seront comme je les anticipe, je prie juste pour ne plus avoir affaire a des bananes pendant quelques temps, tout comme le manioc et le sorgho....Je ne sais pas si j'aurai la possibilite d'ecrire de nouveau sur ce blog avant demain soir, sinon je vous dis a bientot en France.

31/07/2008

Gisenyi ou le neant

Fatigue , les cheveux gras, des coubatures sur tout le corps, mais arrive a Gisenyi, enfin on se demande pourquoi tant la ville est deserte, sorte de no man's land touristique en plein milieu du Rwanda. De grandes arteres bordees de palmiers ou s'accrochent des chauves souris par centaines, des plages de sable blanc, le Kivu tempetueux du fait du methane qu'il habrite en ses entrailles....la carte postale revee, enfin si on omet de mentionner la frontiere avec le Congo au bout de la cote, survolee par intermittence par des helicopteres et des avions, franchies toute la journee par des hordes de taxibus bondes, comme pour rappeller les troubles persistents du nord Kivu. Deambulent pourtant quelques touristes, bien a l'aise derriere les murs de l'hotel Serena, quelques riches rwandais enfermes dans leurs villa, pas la moindre trace de ces scenes atypiques qui jusque la m'etaient devenues communes. Pas de cohues le long des routes, ni de velos charges de victuailles ou de personnes, ni meme de paysannes portant leur recolte au marche, juste la langueur d'une station balneaire desertee.

J'ai fait connaissance avec un prof de maths espagnol qui vadrouille dans toute l'Afrique de l'est avec son sac a dos, nous avons choisi de passer la nuit dans un dortoir de procure d'acceuil, le seul endroit dont les prix semblaient a peu pres raisonnables ( 1500frw, moins de deux euros), alors que les boissons sont deux fois plus cheres qu'ailleurs par manque d'approvisionnement sans doute.

Impression d'etre passe a cote de ce que je recherchais, de m'etre betement contente de la facade apparente sans avoir l'idee d'aller voir un peu plus loin. La route qui y mene avait pourtant souleve en moi enormement d'interrogations, comme les conditions de vie dans ce camp de transit a une trentaine de km de la ville, ces refugies congolais qui s'entassent par milliers sous des tentes blanches defrechies, avant d'etre rediriges un peu plus loin, vers Byumba. Ces personnes qui sont encore les victimes des evenements de 1994 et cela 14 ans apres, condamnees a s'exiler depuis que les anciens interhamwe sont entres au Congo ou ils tenterent de poursuivre leur sinistre besogne en divisant la population entre hutu, tutsi et twa...Ces personnes parquees dans un pays ou on tente de maniere acharnee de combler les sequelles laisses par le genocide, alors que les pays voisins restent destabilises par ces meme evenements, laissant craindre le pire a certains moments.

Retour a Kigali le lendemain pour une derniere escale avant l'envol.

30/07/2008

Rencontre du troisieme type






Nous avons pu acceder au Parc des Volcans gratuitement, il me faut le temps de mettre en ordre dans mon esprit ce que cela a provoque chez moi. J'ai entame ma derniere semaine, moins de six jours avant mon retour, je pars demain pour Gisenyi ou je resterai deux jours avant de revenir a Kigali, progressivement je comprend ce que veulent dire mes billets d'avion.

Pour le bonheur des yeux....

La culture Twa est bien morte, affichee par les autorites dans un parc ou l'on nous mene, Clementine et moi, etalee sous nos yeux dans toute son ancestrale identite, mais reduite a un mime sans profondeur, loin de toute spiritualite et de toute identification. Les gestes sont precis, calmement effectues sous nos regards atteres, le medecin traditionnel devoile une science qui autrefois restait confinee a la seule memoire de son heritier, les intore entament leur danse avec la prescision de la choregraphie jetee en pature aux touristes, la paysanne moud son sorgho tout en recitant son monologue gentiment ingurgite....

Tolerer une culture mais dans le cadre bien cloisonnee de l'attraction, derriere les murs bien entretenus qui la separe de son veritable environnement, dans la proprete censee acceuillir ceux qui daigneraient lui rendre visite.

Au loin se dressent les volcans silencieux, recouverts de leurs forets desertes, abandonnes aux riches arpenteurs capables de s'offrir une journee en compagnie des primates. J'avoue en rever, jouer au touriste pendant quelques jours, aux yeux de beaucoup je le suis deja, a mon passage quelques mains se tendent, "agacupa" bouteille d'eau, "100 francs".... La misere ne disparait pas avec le developpement du tourisme, au contraire le fosse se creuse, tant economiquement que dans les esprits. "Ils sont en sous developpement mental", "ils preferent compter sur l'aide", "ils n'ont pas de valeurs", "ils ont de l'argent mais ils le cachent" les mots sont rudes, les prejuges tenaces, laissant apparaitre d'autres ruptures dans une societe qui voudrait pourtant se reconstruire, loin de ces clivages meurtriers.